Base de CoQualité & recette Tests fonctionnels

Tests fonctionnels

Les tests fonctionnels vérifient une chose simple (et cruciale) : le site fait bien ce qu’il promet. Navigation, formulaires, tunnel d’achat, emails, back-office… tout ce qui doit marcher, marche. Et si quelque chose cligne des yeux… ce n’est pas forcément un feature.

Objectif

Valider les parcours clés, éviter les régressions, sécuriser la mise en ligne.

Quand

Avant livraison, après une refonte, après une mise à jour, avant une campagne.

Livrables

Plan de test, checklists, rapport d’anomalies, PV de recette.

1) Définition et périmètre

Un test fonctionnel consiste à vérifier le comportement visible d’une fonctionnalité, du point de vue utilisateur (ou métier) : “Je clique ici → je dois arriver là”, “Je remplis ce formulaire → je reçois un email”, “Je paie → la commande est créée”.

Ce que l’on teste (typique)

  • Parcours de navigation (menus, liens, recherche, pages clés).
  • Formulaires (contact, devis, multistep, upload, validations).
  • Comptes / rôles (inscription, connexion, permissions).
  • E-commerce (panier, livraison, paiement, emails, stocks, coupons).
  • Back-office (édition, publication, workflow, champs personnalisés).
  • Intégrations (API, CRM, Brevo, paiement, tracking).

Ce que ce n’est pas

  • Les tests de performance (temps de chargement, charge).
  • Les tests de sécurité (OWASP, pentest, durcissement).
  • Les tests d’accessibilité (WCAG) — même si on en glisse souvent un minimum.
  • Les tests unitaires (niveau code) — utiles, mais autre étage.
Règle d’or : on teste d’abord ce qui est vital pour le business (conversion, contact, paiement), puis ce qui est vital pour l’équipe (admin, contenus), puis le confort (petits parcours secondaires).

2) Les principaux types de tests fonctionnels

Type But Quand
Smoke test (test “fumée”) Vérifier que l’essentiel tient debout (site accessible, pages clés OK). Juste après déploiement, avant tout le reste.
Sanity test Vérifier rapidement une zone modifiée (ex : checkout, formulaire). Après correction, avant de relancer une grande série.
Test de régression S’assurer que la nouvelle version n’a rien cassé d’ancien. Après mise à jour, refonte, ajout de plugin/module.
End-to-end (E2E) Tester un parcours complet (ex : “visiteur → achat → email”). Avant mise en ligne, avant campagne, après gros changements.
Recette / UAT Validation métier par le client / l’équipe interne. Avant signature de fin de projet / mise en production.

Astuce d’organisation : mieux vaut 10 scénarios E2E bien choisis que 120 tests “au hasard du clic”. La qualité du scénario vaut plus que la quantité.

3) Méthode IWA : une recette simple, répétable, efficace

L’objectif n’est pas de “tester pour tester”, mais de livrer sereinement. Voici un process robuste, même quand il y a des deadlines qui respirent dans votre nuque.

1

Définir le périmètre + les critères d’acceptation

Quels parcours doivent être validés ? Qu’est-ce qui est “OK” ? Exemple : “Le formulaire envoie bien un email + enregistre le lead dans Brevo + affiche un message de confirmation”.

2

Préparer un environnement de test réaliste

Idéalement une préprod/staging : mêmes plugins, mêmes règles de cache, mêmes moyens de paiement en mode sandbox, mêmes webhooks (ou équivalents).

3

Construire les cas de test (scénarios)

Un cas = un objectif + des étapes + un résultat attendu. Les cas doivent être “rejouables” par n’importe qui (même un lundi matin).

4

Exécuter + consigner les anomalies

On note : contexte, URL, étapes, résultat observé, attendu, captures. Bonus : gravité et priorité (sinon tout devient “urgent”, et le monde devient triste).

5

Corriger → re-tester → valider (PV de recette)

Chaque correction déclenche un retest ciblé + une mini régression autour. Puis un PV de recette (même simple) pour acter la validation.

Cas de test : Formulaire “Demande de devis”
Objectif : convertir un visiteur en lead correctement qualifié

Préconditions :
- Environnement : staging
- SMTP actif (ou service email)
- Brevo connecté (liste de test)
- Données de test : email unique

Étapes :
1) Ouvrir /devis
2) Renseigner Nom, Email, Téléphone, besoin
3) Valider le formulaire
4) Vérifier le message de confirmation
5) Vérifier email reçu
6) Vérifier contact ajouté dans Brevo

Résultat attendu :
- Message de confirmation visible
- Email envoyé au client + à l’agence (si prévu)
- Contact présent dans la liste Brevo avec champs renseignés

4) Checklists prêtes à l’emploi (web, WordPress, e-commerce)

Ces checklists servent de base. Selon le projet, on adapte (sinon, on finit par tester le bouton “Retour en haut” pendant 2 heures, ce qui est… une passion comme une autre).

Essentiels (tous sites)

  • Pages clés accessibles : accueil, services, contact, mentions, 404.
  • Navigation : menus, ancres, liens internes, CTA.
  • Formulaires : validations, messages, anti-spam, réception emails.
  • Responsive : mobile / tablette (menus, blocs, boutons, modales).
  • Tracking : événements clés (si prévu), redirections, pages “merci”.
  • Recherche interne : résultats, filtres (si présent), absence de faux positifs.

WordPress (focus)

  • Rôles : admin / éditeur / auteur (droits cohérents).
  • Édition : ajout/modif contenu, médias, blocs, shortcodes.
  • Plugins : pages de réglages, compatibilités, conflits visibles.
  • Cache : purge, exclusions (panier, compte), comportement correct.
  • SEO : indexation des pages, canonical, sitemap, noindex si nécessaire.
  • Erreurs : logs (si activés), pages blanches, fatal errors.

E-commerce (WooCommerce et assimilés)

  • Produits : variations, stocks, prix, images, attributs.
  • Panier : ajout/suppression, quantités, frais, taxes.
  • Checkout : livraison, moyens de paiement, champs obligatoires.
  • Coupons : validité, restrictions, cumul, affichage.
  • Emails : commande, paiement, facture, compte client.
  • Paiement : sandbox OK, webhooks OK, statuts cohérents.

Intégrations (API / CRM / automation)

  • Déclencheurs : envoi, double opt-in, tags, scénarios.
  • Champs : mapping (nom, email, téléphone, consentements).
  • Erreurs : gestion des timeouts, messages utilisateurs, retry.
  • Webhooks : réception, sécurité, logs, anti-duplication.
  • Données : pas de fuite d’infos, conformité RGPD (à minima).
Mini-régression express : après chaque correction, re-tester le scénario impacté + “ce qui touche à côté” (ex : si on modifie le checkout, on reteste panier, livraison, emails).

5) Automatiser : quand, quoi, et comment (sans se piéger)

L’automatisation des tests fonctionnels (Cypress/Playwright/Selenium, tests API, etc.) devient rentable quand les parcours sont stables et rejoués souvent (mises à jour fréquentes, site à fort trafic, e-commerce, équipe multi-intervenants).

Ce qu’on automatise en priorité

  • Smoke tests : “le site est vivant”, pages clés, login admin.
  • Parcours vitaux : contact, devis, achat, création de compte.
  • Régressions fréquentes : formulaires, filtres, recherche, checkout.
  • Tests API : endpoints critiques, webhooks, intégrations.

Ce qu’on garde souvent en manuel

  • Contenus très changeants (marketing, landing pages en test A/B).
  • UX fine (ressenti), micro-copies, cohérence éditoriale.
  • Cas “exotiques” ou rares (qui coûtent plus cher à automatiser qu’à refaire).

La bonne stratégie ressemble à une pyramide : beaucoup de contrôles simples et stables, quelques parcours E2E ciblés. Le but : détecter vite, pas écrire un roman de tests.

6) Indicateurs utiles (sans transformer la recette en usine)

Les KPI servent à piloter la qualité et à objectiver les décisions (mise en ligne, go/no-go, priorité des corrections).

Taux de réussite

Pourcentage de cas de test passés (par sprint / release).

Temps moyen de correction

Du ticket créé au ticket validé (MTTR).

Top causes

Plugins, cache, intégrations, contenus, droits… ce qui casse souvent.

Si un indicateur ne sert pas à prendre une décision, il sert surtout à remplir un tableau. Et les tableaux, c’est bien… mais seulement quand ils sont utiles.

FAQ — Les questions qui reviennent (toujours)

Combien de temps prévoir pour une recette fonctionnelle ?
Cela dépend du périmètre. En pratique, on raisonne par parcours clés : un site vitrine simple peut être validé en quelques heures, un e-commerce demande souvent une session plus complète (paiement, emails, cas limites). Le bon repère : “combien de scénarios vitaux faut-il rejouer avant d’être serein ?”.
Pourquoi tester en staging plutôt qu’en production ?
Parce que la prod, c’est la scène. La staging, c’est la répétition générale. On évite d’envoyer des emails “test” à de vrais clients, de polluer les stats, ou de créer des commandes fantômes. Et on peut activer des logs sans stress.
Comment classer les anomalies ?
En séparant gravité (impact) et priorité (urgence). Exemple : une faute de frappe est faible gravité mais peut être haute priorité si elle est sur une page de vente. À l’inverse, une anomalie rare peut être haute gravité mais faible priorité si elle ne touche personne dans l’immédiat.
Qu’est-ce qu’un “go/no-go” solide ?
Un go/no-go se base sur : scénarios vitaux passés, anomalies bloquantes corrigées, intégrations validées (emails, CRM, paiement), et une mini régression autour des corrections. Le tout consigné dans un PV de recette (même court).
Automatiser dès le début : bonne idée ?
Parfois oui, souvent non. Si le produit évolue beaucoup, les tests automatisés peuvent devenir fragiles et coûteux. La bonne approche : stabiliser les parcours vitaux, puis automatiser ce qui est rejoué à chaque release (smoke + E2E ciblés).

Besoin d’un plan de tests “prêt à dérouler” ?

Instants Web Agency peut préparer vos scénarios, exécuter la recette, consigner les anomalies, et sécuriser vos mises en ligne (WordPress, e-commerce, intégrations, formulaires avancés). Objectif : moins de surprises, plus de sérénité.